Retour aux sources. Pas toujours réussis ou symboles de carrières aux apogées décidément passées, les retours au bercail ne laissent très souvent entrevoir qu’une simple dimension émotionnelle. Les statistiques ou l’impact sur le terrain ne suivent plus et les légendes du ballon rond finissent, disons-le, tranquillement leur carrière chez eux, souvent là où tout a commencé.  

Cette rengaine laisse néanmoins place à plusieurs exceptions. Après de riches carrières, très souvent en Europe, plusieurs joueurs sud-américains sont parvenus à repousser leur « date d’échéance » pour continuer à faire vaciller les supporters locaux et atteindre de nouveau les sommets sur le continent. De Riquelme à Suárez, quels sont les joueurs sud-américains dont le retour « à la maison » n’est pas passé inaperçu sur le rectangle vert ?  

Juan Román Riquelme 

Parti à Boca avec l’étiquette de grand espoir du football argentin à la fin de sa formation chez les Argentinos Juniors, Riquelme marque à lui seul le symbole d’un conte de fées. Suivre les résultats du championnat argentin revêt toujours un sentiment à part et sur une plateforme comme Flashscore, la simple évocation de clubs de légende sent le football « vrai ».  

Rentré en Argentine après une carrière marquante en Espagne, d’abord commencée en dents de scie au Barça avant d’exploser à Villarreal, Riquelme seyait donc parfaitement à la couleur jaune. Dès son retour, en 2007, il fut un grand artisan du succès en Copa Libertadores, pour un troisième sacre avec son premier club professionnel dans la prestigieuse compétition sud-américaine.  

Actif jusqu’en 2014 dans l’un des clubs phares de Buenos Aires, le génial droitier clôturera son immense carrière de la plus belle des façons. De retour dans son club formateur pour une saison, il permettra aux Argentinos de retrouver la première division dans la foulée de leur descente. L’occasion rêvée pour prendre une retraite bien méritée, après “avoir vécu l’ensemble de ses rêves avec ces deux clubs”.  

Juan Sebastián Verón 

Star en Europe, prophète en son pays. Peu de footballeurs peuvent se targuer d’une telle aura ! Jamais l’infatigable milieu de terrain n’aura laissé insignifiant, au gré d’une carrière si singulière. Proche d’un retour au pays quelques semaines après son arrivée en Italie, Veron s’accrochera, fort de l’aide de Sven-Göran Eriksson, alors en poste à la Sampdoria.  

Nul besoin de rappeler l’immense carrière de La Brujita sur le vieux continent tant son retour triomphal en Argentine vaut également le détour. Retourné chez les Estudiantes en 2006, il mènera le club argentin au titre en Libertadores trois ans plus tard dans ce qui demeure le dernier succès en date du club de La Plata et alors, le premier depuis 1970 !  

Élu meilleur footballeur sud-américain en 2008 puis 2009, Verón a clôturé une carrière de renom là où tout avait commencé. Désormais président du club, de « son » club, Verón a laissé une empreinte indélébile partout où il est passé mais son nom résonne si particulièrement dans le sud-est de l’Argentine, à la tête d’un club tout juste auréolé du titre national.  

Photo : Buda Mendes/Getty Images

Ronaldinho 

Tout n’aura pas été parfait et le passage par Flamengo le prouve à lui seul au retour de l’AC Milan. Il en va de même pour la dernière danse chez le rival absolu de ce dernier, Fluminense, avec neuf petits matchs venant clôturer une immense carrière. Néanmoins, les derniers efforts ballon au pied du génie auront provoqué émois et liesses à l’Atlético Mineiro entre 2012 et 2014.  

Artisan du seul et unique titre du Galo en Libertadores, Ronaldinho a malgré tout saisi l’occasion de s’illustrer dans son pays, celui quitté à vingt-et-un ans, en route pour le Paris Saint-Germain.  

Diego Milito 

Déchaîné sur les pelouses, le vainqueur du triplé avec l’Inter Milan en 2010 reste un homme simple en dehors des terrains. Il n’a jamais caché son amour pour son club formateur et c’est tout naturellement qu’il retrouve Racing pour son retour au pays.  

Le retour au club quitté dix ans plus tôt est une franche réussite. Racing décroche le titre argentin et met fin à treize ans sans succès. Adulé, Milito prend sa retraite en 2016 et reste à ce jour, un personnage charismatique comme seule l’Argentine semble capable d’en offrir. Son amour pour Racing, Milito l’a porté encore plus lui : il est aujourd’hui président du club. 

Photo : Ernesto Ryan/Getty Images

Luis Suárez 

Le trublion Suárez n’aura jamais fait comme les autres, preuve supplémentaire de sa personnalité à part dans l’univers du ballon rond. Parfois décrié, Suárez a toujours fait l’unanimité ballon au pied et son talent inaltérable le pousse encore aux sommets, comme en témoigne son récent succès en MLS avec l’Inter Miami, aux côtés de son ami Lionel Messi.  

Certes parti depuis à Grêmio, au Brésil, puis à Miami, Suárez a dans un premier temps connu un retour triomphal au pays après son passage scintillant en Eredivisie, Premier League, puis Liga. Rentré pour six mois à la mi-saison au Nacional, le Pistolero ne tarde pas à se mettre en action avec un but dès son entrée en jeu lors du premier match sous les couleurs portées entre 2003 et 2006. Seize matchs et huit buts plus tard, Nacional sécurise le titre et l’Uruguay toute entière s’enivre dans cette histoire romantique. Suárez, fidèle à lui-même, n’annoncera ni prolongation ni fin de carrière mais bel et bien un départ pour le Brésil. Surprenant, jusqu’au bout ! 

 

Photo une : Marcelo Endelli/Getty Images

Nicolas Cougot
Nicolas Cougot
Créateur et rédacteur en chef de Lucarne Opposée.