
C’est probablement l’évènement de l’année chez les filles : pour la première fois de l’histoire, une équipe de France décroche un titre mondial. Et pour y parvenir, les mini-bleuettes auront été jusqu’au bout du suspense.
Romane Bruneau, Amandine Blanc, Ophélie Gahery, Aissatou Tounkara, Griedge Mbock Bathy, Candice Gherbi, Lea Declercq, Laura Blanchard, Kadidiatou Diani, Sandie Toletti, Pauline Cousin, Laurie Saulnier, Marion Romanelli, Ghoutia Karchouni, Noémie Carage, Claire Jacob, Alexandra Atamaniuk, Onema Geyoro, Juliane Gathrat, Delphine Cascarino et Cindy Perrault. 21 noms qui ont donné au football féminin français le titre qui lui fera franchir un nouveau palier. Car si les mots sont souvent galvaudés, la performance des Bleuettes devrait avoir le même impact sur le football national que le doublé JO / Euro 84 aura eu chez les garçons.
A l’heure d’entrer sur la pelouse d’un Tofig Bahramov Stadium plein à craquer, les françaises de Guy Ferrier n’étaient clairement pas favorites. La Corée du Nord, championne du Monde 2008 et sa redoutable buteuse Rin Un Sim apparaissait comme un géant quasi-inaccessible. Pourtant, aucune crainte coté bleuettes : Guy Ferrier reconduisait son 4-2-3-1 offensif de la demi-finale et le premier acte allait être totalement dominé par des Bleuettes rapides, collectives et exerçant un pressingqui étouffait les nord-coréennes. C’est assez logiquement que suite à une ouverture lumineuse de Ghoutia Karchouni, exceptionnelle au milieu, Lea Declercq s’en allait fusiller Rim Yong Hwa pour donner l’avantage aux françaises.
Au retour des vestiaires, les françaises conservaient la maîtrise du jeu jusqu’à ce que Ri Hyang Sim ne vienne trouver la barre transversale de Romane Bruneau. Ce coup de semonce réveillait la Corée du Nord qui allait alors profiter de la baisse de régime tricolore pour dominer outrageusement la dernière demi-heure. Romane Bruneau enchainait les miracles dans les buts jusqu’à ce que Rin Un Sim, étouffée jusqu’ici par la solide défense tricolore, ne vienne reprendre une frappe qui venait de s’écraser sur la barre pour égaliser. Il restait alors dix minutes à jouer, elles allaient être terribles pour les nerfs des français. Choe Yun Gyong, seule au six mètres, ratait l’immanquable de la tête à trois minutes de la fin avant que Ri Hyang Sim, au bout du chronomètre ne voit sa frappe manquer le cadre pour quelques centimètres.
Il faudrait alors se départager aux tirs au but. A l’image du match, celle-ci s’avérait épique. Sandie Toletti ouvrait le score alors que Kim Un-Hwa voyait sa frappe repoussée par Bruneau. A 3-2 pour les Bleuettes, Marion Romanelli voyait son tir repoussé par la gardienne coréenne. Le spectre de la finale de l’Euro planait sur cette séance de tirs au but. Sauf que la leçon semblait avoir été retenue. Romane Bruneau transformait aussi un penalty (avec l’aide du poteau) et attendait le huitième tir pour stopper la frappe de Ri Un-Yong en partant du bon côté (notez que 7 des 8 tirs nord-coréens ont été tirés du même côté). La France était sacrée championne du monde ! Extraordinaire !
Au niveau des bilans, les françaises décrochent également deux distinctions individuelles : Romane Bruneau est logiquement sacrée meilleure gardienne de la compétition alors que Griedge Mbock Bathy décroche le ballon d’or du tournoi.
Nous avions ouvert L-O avec les larmes de Melissa Plaza un jour de défaite en demi-finale face à la Corée du Nord, 4 ans plus tard, ces larmes sont des larmes de joie. Merci les filles !


