Estudiantes se qualifie pour la finale de Libertadores

Il s’en est fallu de peu pour que l’on ait droit à une finale habituelle en Copa Libertadores, de peu aussi pour que l’on ait une finale sans Palmeiras ni Flamengo.

On l’avait quelque peu craint toute la saison, au fil des tours, elle ne cessait de se dessiner. L’acte 3 du Palmeiras – Flamengo, les deux ogres actuels du continent, avait des airs d’inéluctable, le Mengão se sortant du piège Cruzeiro puis Independiente del Valle, à chaque fois non sans difficultés, mais passant tout de même. Même chose côté Verdão, avec des victoires finalement sur un fil face au Cerro Porteño – bien que le match retour notamment fut maîtrisé – puis à l’arrachée en Équateur face à une LDU qui avait réussi finalement à arracher une folle séance de tirs au but alors qu’elle semblait condamnée. Mais donc, rien ne semblait faire chavirer les deux compères qui luttent aussi pour le titre national.

En demies, une fois encore, Palmeiras a montré ses limites face à Fluminense. La victoire du Maracanã à l’aller, acquise à la Palmeiras avec le traditionnel sceau de l’efficacité, avait tout pour placer les hommes d’Abel dans les meilleures conditions pour gérer le retour. Celui-ci a été des plus délicats, mais a encore été celui du triomphe de l’Abelismo. Son Palmeiras n’a jamais été – et ne sera jamais – l’apôtre du football total. Mais il est celui du pragmatisme, de la solidité défensive, de la capacité à gérer le moindre temps fort, à s’adapter, à savoir subir. Face à un Fluminense entreprenant, le Verdão a souffert, a cédé un temps, mais s’en est sorti. Une fois encore. Parce que Carlos Miguel s’est allongé de tout son long pour sortir la tentative de Nonato. Déjà héros à Quito avec deux parades, le portier du Verdão a été celui de la demie. Et Palmeiras disputera ainsi sa quatrième finale de Libertadores depuis 2020.

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Clin d’œil du destin, celle-ci ne sera pas un remake des finales 2021 et 2025 mais de celle 1968 ! Car en face, ce ne sera donc pas Flamengo, mais un autre club au fort ADN continental, Estudiantes. Après un match nul sans but à l’aller à La Plata, Estudiantes savait qu’une finale passerait par un exploit au Maracanã. L’une des chances des hommes du Cacique Medina est que Flamengo est à la peine offensivement. Comme à l’aller, les hommes de Leo Jardim ont éprouvé toutes les peines du monde pour menacer Fernando Muslera, manquant de tranchant, de mouvement, voire d’idées. Même l’expulsion de Baltasar Rodríguez ni les entrées de Giorgian de Arrascaeta, de Gonzalo Plata et de Bruno Henrique n’ont changé quoi que ce soit. Malgré près de 85% de possession en seconde période, Flamengo n’a eu qu’une seule véritable occasion. Tout s’est donc joué aux tirs au but et Fernando Muslera a brillé devant Jorginho, Lucas Paquetá et Bruno Henrique. Estudiantes retrouve ainsi une finale depuis 2009, année du quatrième titre, et se rendra donc au Centenario, là où il avait acquis sa première étoile…face à Palmeiras.

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Reste que rien n’est encore définitif, car Flamengo a déposé un dossier devant le TAS pour réclamer la victoire, prétextant que Marcos Rojo ne pouvait pas être aligné par les Pinchas. Ce dernier a rejoint le club en dehors de la fenêtre des transferts et avait été interdit de match à l’aller par la CONMEBOL. Mais ce même TAS lui avait accordé le droit d’être présent au retour. Le Mengão espère désormais obtenir la même réponse celle qui avait vu Santos voir son 0-0 face à Independiente en 2018 être transformé en 0-3 lorsque Carlos Sánchez avait été jugé finalement inéligible. L’espoir reste mince, il ne reste plus que cela à Flamengo pour espérer retrouver Palmeiras à Montevideo le 28 novembre. Et nous priver donc d’un remake de la finale de 1968.

Photo une : Buda Mendes/Getty Images

Nicolas Cougot
Créateur et rédacteur en chef de Lucarne Opposée.