Une saison après avoir remporté la saison régulière, Auckland est devenu champion d’Australie face au Sydney FC. Et devient le premier club néo-zélandais titré en Australie.
Ils l’ont fait. Ce samedi restera dans l’histoire du football de la Nouvelle-Zélande. Pour la première fois, une finale du championnat de A-League a été jouée au pays, et plus encore, Auckland l’a emporté. La franchise lancée en 2024 a déjà presque tout gagné : le Premiership la saison passée et maintenant le Championship. Une issue que le bilan des confrontations entre les deux équipes laissait présager : Sydney FC n’avait plus battu Auckland depuis six matchs et Patrick Kisnorbo n’a jamais pris le dessus sur Steve Corica.
Le premier acte a penché à gauche. Auckland s’est appuyé sur le jeu dans la profondeur de Jesse Randall pour aller chercher des étincelles. L’international néo-zélandais a tout donné, mais Rhyan Grant, trente-cinq ans, à la quête de son cinquième Championship, a fait le boulot, bien aidé par Alexandar Popović, voire par un second coéquipier pour museler le numéro 21 d’Auckland, auteur de neuf buts et huit passes décisives cette saison. De son côté, Sydney a lancé Akol Akon, dix-sept ans, plus jeune titulaire à débuter une finale dans l’histoire de la A-League. Mais comme pour Randall, face à une défense à cinq, l’Australien n’a pas eu l’occasion de se mettre en valeur. Apostolos Stamatelopoulos a cadré la seule frappe des quarante-cinq premières minutes, juste avant le premier quart d’heure, à l’entrée de la surface. Les Sky Blues manquaient d’idées, les longues passes en cloche ne permettaient pas à Piero Quispe et Tiago Quintal de s’imposer contre les très grands défenseurs que sont Dan Hall, Nando Pijnaker ou Jake Girdwood-Reich. Au bout du compte, Auckland a remporté treize duels aériens contre seulement deux pour les visiteurs.
Photo : Fiona Goodall/Getty Images
Ces longues passes viennent surtout d’un problème de relance. Harrison Devenish-Meares est impérial dans les airs, costaud au duel, notamment face à un Sam Cosgrove, meilleur buteur du championnat avec onze buts, mais ses relances au pied ont généré des sueurs froides aux supporters de Sydney. Par deux fois, cela a permis au pressing d’Auckland de récupérer le ballon dans le dernier tiers Privé de relances courtes, avec un milieu de terrain n’effectuant pas les bons appels, Sydney a donc réduit sa stratégie à ces longues balles vers Akon ou vers la tête d’Apostolos Stamatelopoulos par dépit. À l’heure de jeu, Auckland a douché les espoirs du Sydney FC lorsqu’un tir puissant du natif de Blenheim, Cameron Howieson malheureusement dévié a prid Devenish-Meares à contre-pied. « C’est le bon moment pour marquer mon premier but », célébrait-il au micro de la télé locale, juste avant de vêtir la médaille du meilleur joueur de cette finale. Le joueur avait passé les dix dernières années loin du football professionnel, jouant avec Team Wellington puis Auckland City, décrochant deux titres de champion et quatre OFC Champions League et s’offre, à trente-et-un ans, un premier titre professionnel en même temps qu’il a inscrit l’unique but de la rencontre. Le but du titre, de l’histoire. Car si les Sky Blues avaient entamé la seconde mi-temps avec plus d’entrain, confisquant le ballon et provoquant des fautes côté Black Knights, malgré les entrées de Joe Lolley ou Víctor Capuzano, aucune menace n’a fait frémir Michael Woud, bien tranquille sur sa ligne. La défense à cinq d’Auckland a très bien joué le piège du hors-jeu et a fait preuve d’une solidité de champion. Rhys Youlley aurait pu égaliser en ajustant mieux son pied droit, mais la soirée était pour Auckland qui, juste après ce raté, voyait le but du break s’envoler en tribune sur la tentative de Jesse Randall au bout de l’effort.
Privé du Premiership sur le fil, Auckland décroche finalement le trophée de champion. Pour sa deuxième saison en A-League, le club de Bill Foley, également propriétaire de Bournemouth et de Lorient, écrit l’histoire du football néo-zélandais en devenant le premier club de l’île à décrocher un trophée dans une compétition australienne. Avec désormais trois Championships, deux Premierships et une Australia Cup à son palmarès, Steve Corica devient l’entraîneur le plus titré de l’histoire de la A-League.
Résumé
Photo une : Hannah Peters/Getty Images


